finlandia – adieux de sel

 

 

rétro-projecteur, sel, verre et salmiakki
environ 7 minutes

performance présentée nord performance à l’espace cercle-carré.
commissaire: janick burn
2013

 

 

 

Toutefois, la traversée de Helsinki à Stockholm, au milieu de la mer Baltique, en pleine nuit, m’est particulièrement réminiscente. Aucun repère vers l’horizon éperdu. Aucun horizon, c’est être trempé dans une absence. Il faut être pliée en deux par-dessus la rampe pour apercevoir le reflet moindre de la lampe verdâtre sur l’eau pour se rappeler que je flotte, j’avais fini par l’oublier. L’eau, noire livide, m’attire. Le vertige est le plaisir à penser d’y plonger, c’est être ivre de sa propre faiblesse (…) Je me suis imaginée me laissant tomber vers l’obscurité, abandonnée au dessus de la masse assombrie prête à m’envahir. Mais j’étais trop de couleurs pour elle, on aurait vu, du bateau, un point blanc, pour ponctuer l’océan. Faire naufrage vite. J’ai vraiment eu envie de vivre l’instant de suspension, le triste affolement qui rend les joues embrasées. Ou c’est peut-être le vent. Le froid engourdi. Le froid scindant. Le froid irrésolu. Mariella. Je suis jalouse de la vie sans temps. La résistance l’efface. Je baigne dans le sombre, comme du Salmiakki, les Lions me saoulent. Ça doit être le vent. Oui.