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Mes anxiétés sont vectrices de créations performatives qui, elles, explorent la potentialité physique de la résistance.

Précédant la mise en action de mes œuvres, je me prête à des exercices de visualisation qui sont ensuite transposés sur papier par le dessin à l’encre et au crayon. Je me prépare en me conditionnant physiquement et psychologiquement à la performance. Ce faisant, je consolide de puissants repères stables, qui me sont nécessaires.

Mon agentivité me permet de vivre la physicalité de mes réactions anxieuses et de l’incorporer, de faire avec. J’entends par agentivité une puissance d’agir, une perception du moi comme sujet efficient. M’inspirant d’un objet dont j’explore l’affordance, en détournant ou exacerbant ses propriétés premières, je m’intéresse à tout son potentiel d’endurance, qui rend en images et en ressenti l’un de mes symptômes d’anxiété.

Rougir, transpirer, trembler et respirer ardemment sont de mes symptômes les plus visibles, et incontrôlables, qui me rendent vulnérable. L’endurance me permet de vivre cette anxiété et de l’excorporer: de l’accueillir, de la rendre performative. Mes performances agissent comme hygiène de vie, comme action émancipatrice, abaissant la frontière entre art et vie. Elles s’incarnent dans l’(in)action, la contemplation, la lenteur et la résilience.

 

 

Émylie Bernard est originaire de l’Outaouais. Elle est candidate à la maitrise en arts visuels et médiatiques et détient un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’université du Québec à Montréal ainsi qu’une mineure en art&technology de l’université d’Aalborg au Danemark. Elle prend part à plusieurs expositions collectives et évènements de performances au Québec et au Danemark. Émylie Bernard cherche à risquer l’exigence conceptuelle de la performance, elle met en potentiel sa sensibilité et son endurance physique et psychologique générées par l’anxiété. Émylie Bernard est également travailleuse culturelle depuis plusieurs années, elle vit et travaille à Tiohtià:ke.

 

émylie bernard – cv